La Chapelle.
- 1 févr.
- 4 min de lecture
Dernière mise à jour : 2 févr.
Un travail in situ (2023 - 2025)
L’espace et la mémoire nourrissent ma création.

À la chapelle de Vauguillain à Saint-Julien-du-Sault,
j’ai déroulé une toile de onze mètres.
Cette chapelle a eu plusieurs vies.
Forteresse, lieu de culte, refuge.
Elle porte une mémoire immense.
Mon ambition est de la faire résonner sur la toile :
traduire l’histoire, mais aussi
ce que j’y ai vécu en travaillant sur place.
Pour peindre, je tourne autour, je pose la toile au mur, au sol.
J’y engage tout mon corps, comme dans une chorégraphie.
Une danse qui fait apparaître des fragments de mémoire,
une trace du refuge qu’a été ce lieu.
Je voudrais que la toile se voie dans tous les sens.
Horizontale, verticale, à l’endroit, à l’envers,
comme si elle gardait en elle
les mouvements et les vies multiples de la chapelle.
(extrait de la captation vidéo et acompagnement écriture avec Anna L'Hospital - @dartiste_a_artiste

Peindre, pour moi, c’est aussi réparer. Par le collage, la superposition, la trace du pinceau,
je cherche à apaiser, à redonner place à ce qui semblait perdu. Ce geste de réparation
s’étend parfois au-delà de l’atelier, dans des contextes collectifs ou in situ.
La toile s'est construite sur plus de deux ans, elle a été peinte tour à tour sur le site de la chapelle et dans mon atelier, dans un va-et-vient constant entre le lieu et l’espace de travail. À chaque retour dans la chapelle, la peinture s’imprégnait de l’atmosphère du lieu, de sa lumière et de son silence. À l’atelier, elle se transformait, se superposait, se recomposait. Le temps long est ainsi devenu une matière à part entière de l’œuvre.
Pour peindre, je tourne autour de la toile, posée au mur, au sol, sur une table. J’y engage tout mon corps, dans un mouvement proche de la chorégraphie. Cette danse fait apparaître des fragments de mémoire, comme si la peinture recueillait les traces du refuge qu’a été ce lieu.
En 2025, la toile a été montré en quarte panneaux dans la chapelle à l’occasion des Journées du Patrimoine, revenant ainsi dans le lieu qui l’avait vue naître. Aujourd’hui, elle est exposée à la galerie Art Symbol à Paris, comme une nouvelle forme de déploiement de cette mémoire : fragmentée, recomposée, mobile.
Je souhaite que la toile puisse être vue dans tous les sens — horizontale, verticale, à l’endroit, à l’envers — comme si elle conservait en elle les mouvements et les vies multiples de la chapelle.
Peindre est pour moi un geste de réparation. Par le collage, la superposition et la trace du pinceau, je cherche à apaiser et à redonner place à ce qui semblait perdu. Je me considère comme une artiste collectionneuse de traces : je tisse des liens entre la matière, les lieux et les mémoires afin de transformer l’histoire en paysage vivant.
Mon travail s’apparente à un palimpseste, où les couches s’accumulent et se transforment. Chaque œuvre garde la mémoire des gestes précédents — effacement, transparence, reprise. Je cherche moins à représenter qu’à relire le monde à partir des sensations, en explorant une topographie de l’intime.

les quatre panneaux visible en ce moment à la galérie Art Symbol, place des Vosges, Paris
English version
At the Vauguillain Chapel in Saint-Julien-du-Sault,
I unrolled an eleven-meter-long canvas.
This chapel has lived many lives.
Fortress, place of worship, refuge.
It carries an immense memory.
My ambition is to make this memory resonate on the canvas:
to translate its history,
but also what I experienced there while working on site.
To paint, I move around the canvas,
placing it on the wall or on the ground.
I engage my whole body, as in a choreography.
A dance that brings forth fragments of memory,
a trace of the refuge this place once was.
I want the painting to be seen from every direction.

At the Vauguillain Chapel in Saint-Julien-du-Sault, I began a painting eleven meters long that developed over more than two years.This place has had several lives — a fortress, a place of worship, a refuge — and carries a layered and complex memory.
The canvas was painted alternately in the chapel and in my studio, in a constant back-and-forth between the site and the workspace. Each return to the chapel infused the painting with the atmosphere of the place: its light, its silence, its presence. In the studio, the work was transformed, layered, and reworked. Over time, duration itself became a material of the artwork.
To paint, I moved around the canvas, placed on the wall or on the floor. I engaged my whole body in the process, in a movement close to choreography. This dance allowed fragments of memory to emerge, as if the painting were collecting the traces of the refuge the chapel once was.
In 2025, the painting was presented in the chapel during the European Heritage Days, returning to the place where it was first created. Today, it is shown in four panels at Art Symbol Gallery, as a new form of unfolding this memory — fragmented, recomposed, and mobile.
I want the painting to be seen from all directions — horizontally, vertically, upright or upside down — as if it contained within it the multiple movements and lives of the chapel.
For me, painting is also an act of repair. Through collage, layering, and brush marks, I seek to soothe and to restore what seemed lost. I consider myself a collector of traces, weaving connections between matter, places, and memories in order to transform history into a living landscape.
My work resembles a palimpsest, where layers accumulate and evolve. Each piece preserves the memory of previous gestures — erasure, transparency, and return. I aim less to represent than to reread the world through sensation, exploring an intimate topography.























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